Le Bloc

Elément "passif" du scaphandre, il contient le stock d'air comprimé utilisé au cours de la plongée et qui, en fonction du débit du détendeur, en détermine la durée. Il se compose:

·          de la bouteille elle-même;
·          de la robinetterie sur laquelle se raccorde le détendeur;

LA BOUTEILLE

Si on excepte des réalisations encore expérimentales, les bouteilles d'utilisation courante sont en acier ou en alliage d'aluminium (AG 5 en France). Elles sont soumises à une réglementation particulière aux récipients de gaz comprimés. Ce contrôle, qui, en France, appartient au Service des mines comprend notamment le respect de normes de fabrication, une épreuve hydraulique avant la mise en service et une ré épreuve tous les cinq ans. Le respect de la réglementation et les nécessités du contrôle entraînent une série d'indications poinçonnées sur la bouteille qui constituent sa "carte d'identité" en mentionnant le nom du fabricant, la nature du gaz, la nature du métal, un numéro d'identification, la pression d'épreuve, la pression de service, le poinçon du Service des mines, la date d'épreuve initiale et celles, éventuelles, des épreuves successives.

PROTECTION
Les bouteilles sont protégées de la corrosion par une protection intérieure et une protection extérieure qui sont généralement:

·          bouteilles en acier : à l'intérieur, soit une phosphatation ou une galvanisation ; à l'extérieur,  une galvanisation ou un shoopage au zinc et une peinture.

·          Bouteille en alliage léger : un vernissage pour l'intérieur, une oxydation anodique et une peinture à l'extérieur.

ASPECT EXTERIEUR
Pour des raisons de sécurité, le revêtement extérieur des blocs-bouteilles présente des couleurs leur assurant un maximum de visibilité sous l'eau comme en surface. A part certaines fabrications respectant des codes de couleurs correspondant aux gaz contenus ou des scaphandres à destination militaire exigeant une certaine discrétion, la majorité des modèles commercialisés est jaune, orangée, blanche ou gris clair métallisé. Le rôle de ces couleurs dans le repérage d'un plongeur est certain et confirmé par le soin pris par des " marginaux " de la plongée de repeindre de couleurs plus discrètes leurs scaphandres en vue d'utilisations peu avouables.

PRESSIONS DE SERVICE
En France, les pressions de service autorisées sont successivement passées de 150 bars à 177 bars et récemment à 200 bars. L'emploi dans l'industrie et à l'étranger de bouteilles chargées à des pressions de service supérieures peut faire penser que cette augmentation continuera avec, comme corollaire, une diminution de volume à capacité égale. Toutefois, des pressions de chargement beaucoup plus élevées posent plus de problèmes techniques pour les robinetteries et les compresseurs que pour la fabrication des bouteilles.

CAPACITES
Le développement de la plongée et l'augmentation des pressions de service utilisées ont amené une gamme de bouteilles dont l'accouplement à deux et même à trois bouteilles offre un vaste choix. Les modèles courants sont définis dans le tableau ci-dessous, ainsi que leurs caractéristiques.

A côté de ces modèles répondant aux besoins de la plongée formelle, on trouve des bouteilles de petite capacité (3 I à 6 I) destinées à une brève intervention à faible profondeur, à l'initiation des jeunes ou àl'utilisation comme bouteilles complémentaires de secours ou de sécurité dans certaines activités (spéléologie, corailleurs).

 

LA ROBINETTERIE

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En laiton chromé et en acier inoxydable, elle est fixée sur la bouteille par un filetage avec un joint d'étanchéité. Elle comporte le siège de raccordement pour le détendeur, le robinet de conservation pour les robinetteries simples et en plus dans les robinetteries combinées, un système de réserve.

L'INSTALLATION ET LA FIXATION DU DETENDEUR
Ce dernier peut être fixé sur la robinetterie de deux façons. Dans la première, la plus répandue, le détendeur se fixe à l'aide d'un étrier enserrant la tête du siège percée en son centre par l'orifice de sortie d'air. Cet étrier comporte une vis de serrage axiale dont l'extrémité vient se placer dans une cupule de centrage de la face du siège opposée à l'orifice de sortie d'air. Dans la seconde, le système allemand DIN, le siège présente un filetage femelle dans lequel vient se visser un filetage mâle du détendeur. Dans les deux systèmes, l'étanchéité est assurée par un joint (O ring), qui s'est substitué aux joints plats de la "protohistoire" de la plongée.

Certaines robinetteries permettent l'emploi des deux systèmes au moyen d'un obturateur central démontable fileté au pas du filetage DIN qui, en place, permet le montage avec étrier et, ôté, le vissage du système DIN.

LE ROBINET DE CONSERVATION
C'est un robinet classique à vis dont le clapet obturateur garni de nylon ou de téflon est commandé par un volant extérieur. Le robinet ouvert, l'air sort par l'orifice central du siège.

Robinetteries simples
Dans certains pays et notamment dans la "zone d'influence" américaine, on trouve des blocs-bouteilles équipés d'une robinetterie simple limitée au robinet de conservation. Tels quels, ils ne peuvent répondre qu'à des plongées à faible profondeur ne nécessitant pas de paliers de décompression et autorisant une remontée "directe". Dans les autres cas, leur emploi exige soit celui d'un manomètre de contrôle branché sur la haute pression du détendeur, soit celui d'un détendeur équipé d'un signal de réserve, l'un ou l'autre étant indispensables au plongeur pour le contrôle de son stock d'air.

Robinetteries combinées
Le principe de la réserve, lié à la sécurité, est d'avertir le plongeur qu'il ne reste dans sa bouteille qu'une pression donnée. Dans la plupart des cas, ce signal est réalisé par une gêne respiratoire provoquée par un dispositif mécanique interrompant progressivement l'arrivée d'air.

Dans les robinetteries classiques, le système est généralement constitué d'un clapet, poussé par un ressort taré, situé sur la tubulure de sortie d'air comprimé en aval du robinet de conservation. Lorsque la pression se rapproche de celle du tarage, le clapet se ferme progressivement jusqu'à obturation. L'axe du clapet s'appuie sur une rampe inclinée par l'intermédiaire d'un ergot ou d'une goupille transversale. Cet axe est relié à un volant ou un levier extérieur manœuvré directement, ou par l'intermédiaire d'une tige ou d'un câble. Sous l'action du volant, l'axe pivote sur la rampe inclinée, et le clapet recule, permettant à nouveau le passage de l'air dans la tubulure de sortie : la réserve est "ouverte".

TARAGE DES RÉSERVES
En règle générale, le tarage de la réserve assure à celle-ci 12 % du stock d'air, ce qui correspond environ à 20 ou 30 bars suivant la pression de service. Dans les blocs-bouteilles équipés d'une robinetterie unique, le système de réserve n'agit que sur une des bouteilles, étant placé en amont du robinet de conservation. Il en résulte que le stock d'air de l'autre bouteille est consommé en totalité avant le fonctionnement de la réserve; cela implique que, pour assurer la même proportionnalité que dans un bloc-mono-bouteille, la pression de tarage de la réserve soit de 40 à 60 bars pour que, après l'ouverture de la réserve et l'équilibrage, la pression générale puisse être comparable.

LA RÉSERVE ET LE GONFLAGE
La présence d'une réserve nécessite que le gonflage d'une bouteille s'effectue la réserve préalablement ouverte (action du ressort taré sur le clapet neutralisée).

Dans le cas contraire, le clapet fermé empêcherait le gonflage  et, dans le cas des blocs-bibouteilles, ne permettrait que celui d'une des bouteilles.

RÉSERVES RÉGLABLES ET RÉSERVES COMPENSÉES
Sans parler de dérèglements mécaniques toujours possibles, la conception des réserves classiques pose des problèmes dans l'utilisation, notamment par les fausses manœuvres qui peuvent se produire. Dans le chargement d'abord, comme nous venons de le voir, mais aussi dans la plongée elle-même, Si le plongeur, par manque d'attention, part "réserve ouverte" et surtout Si, malgré une vérification préalable, la réserve s'ouvre en cours de plongée sur un accrochage ou un heurt du levier ou du volant. D'où une fort mauvaise surprise quand l'interruption d'air traduit non un signal de passage sur réserve mais la consommation totale du stock d'air.

Pour essayer de pallier ces inconvénients, l'évolution des systèmes de réserve a fait apparaître l'installation sur la robinetterie d'un dispositif visualisant le chargement, la création de réserves réglables permettant le choix entre deux tarages et les réserves compensées et semi-automatiques.

Les réserves semi-automatiques compensées
La réserve simple, classique, oppose la seule force du ressort taré à celle de la pression d'air de la tubulure de sortie. La "compensation" consiste à permettre à la pression ambiante de s'ajouter à celle du ressort du tarage, augmentant donc avec la profondeur.

Le système de réserve semi-automatique évite trois fausses manœuvres: le chargement "réserve fermée", le départ en plongée "réserve ouverte" et l'ouverture incontrôlée accidentelle de celle-ci en cours de plongée. Dans le premier cas, un clapet by-pass permet à la pression de l'air de la bouteille de s'exercer sur le clapet principal de la réserve jusqu'à son ouverture. Dans le deuxième et le troisième cas, un ressort de rappel du volant ramène automatiquement celui-ci en position fermée après chargement, de même en cas d'ouverture incontrôlée tant que la pression de la bouteille reste supérieure à celle du tarage de la réserve.

Dispositifs de sécurité
Les robinetteries peuvent comporter trois dispositifs complémentaires relevant de la sécurité, obligatoires dans certaines réglementations étrangères. Le premier est une tubulure capillaire aboutissant à une pastille de sécurité, afin d'éviter la détérioration, voire l'explosion de la robinetterie, en cas de dépassement de la pression d'épreuve de la bouteille. Le deuxième est une tubulure débouchant dans la partie supérieure du filetage de fixation sur la bouteille, évitant un accident en cas de tentative de démontage de la robinetterie sur une bouteille en pression.

Le troisième est une tubulure métallique de petit diamètre longue d'une dizaine de centimètres, placée dans l'axe vertical de la robinetterie et tenue avec un filtre grillagé à l'extrémité débouchant à l'intérieur de la bouteille. Cette tubulure (filtre Broussard) joue un double rôle de sécurité. Le filtre grillagé arrête les particules de revêtement ou de métal pouvant se détacher de la paroi intérieure de la bouteille. En cas de condensation, lorsque la bouteille est orientée robinetterie vers le bas, l'eau, par gravité, est collectée dans l'ogive; la tubulure traverse la couche d'eau et évite qu'elle ne pénètre dans le conduit de la robinetterie 

RÉÉPREUVE

 Bloc acier 

Particulier Tous les deux ans
Club Tous les cinq ans avec visite annuelle par le T.I.V.

  INSCRIPTIONS OBLIGATOIRES SUR LE BLOC

Nom du constructeur
N° de série
Volume intérieur dit volume en eau (capacité)
Pression de la dernière épreuve en bars
Date de la dernière épreuve et poinçon du service des mines (tête de cheval)
Désignation du gaz contenu
Pression de chargement
Poids à vide en Kg

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