(OU TOXICITE DES GAZ)
Préliminaires
Les accidents biochimiques dits "toxiques" sont le résultat de laugmentation de la pression partielle des différents gaz que lon respire. Il sagit donc dune application de la loi de Dalton (cf. cours loi de Dalton).
Les gaz constituants notre mélange respiratoire (lair) ont un effet différent sur lorganisme de part leurs nature et selon leurs pressions.
Accidents dûs à lOxygène (O2)
Gaz indispensable à la vie, il nous soumet à 2 effets selon quil est respiré pur ou en mélange.
Ce sont les effets Lorrain Smith et Paul Bert.
Cet effet apparaît lorsque la pression partielle de loxygène dépasse 0,5 bar (PPO2 > 0,5b) pendant plus de 2 heures.
Exemple : plongée de 2 h 30 mn à 15 m !! assez rare en plongée sportive.
Cela se traduit par les symptômes suivants : face rosâtre, difficultés respiratoires, toux, brûlures alvéolaires, oedème pulmonaire (lésions pulmonaires).
La conduite à tenir est de ramener la PPO2 à la normale 0,2 b (arrêter la plongée) et de consulter un médecin si les symptômes sont apparus.
La prévention est bien évidement de ne jamais se soumettre à de telles contraintes qui, heureusement, tiennent plus de lactivité professionnelle ou médicale que sportive.
Cet effet apparaît lorsque loxygène est respiré pur à plus de 1,7 bar (7 m) et à une pression partielle supérieure à 2 bars en mélange (PPO2 > 1,8 bar soit 80 m à lair).
Cela se traduit par les symptômes suivants : face rosâtre, vision double, réduction du champ visuel (effet tunnel), contractions musculaires, crises de type épileptique, perte de connaissance sans signes préalables, mort par noyade.
La conduite à tenir est de ramener la PPO2 à la normale 0,2 b (arrêter la plongée) et de consulter un médecin si les symptômes sont apparus.
La prévention est, comme ci-dessus, de ne pas se soumettre à ces conditions, qui peuvent se présenter lorsque lon effectue un palier à loxygène (en pratique, jamais en plongée sportive) et lorsque lon effectue des plongées très profondes (au delà de 70 m), à aborder avec les 2 pieds sur le frein !!!
Accidents dûs à LAzote : (N2)
Gaz servant de diluant et neutre à la pression atmosphérique, il devient petit à petit toxique lorsque sa pression partielle augmente ; cela se nomme une narcose.
La NARCOSE (ivresse des profondeurs)
Cet effet apparaît avec laugmentation de la profondeur, donc de la PPN2, et disparaît lorsque lon remonte. En elle même, la narcose nest pas dangereuse en ce sens quelle ne provoque pas de lésions neurologiques et que ses effets sont totalement réversibles. Néanmoins comme elle provoque un amoindrissement de la vigilance voire une perte de contrôle de soi, elle peut être mortelle par ses conséquences.
La narcose est un phénomène qui touche tout le monde mais de façon très inégale (certains sont narcosés dès 30 m, dautres en ressentent les effets à seulement 55 ou 60 m). On peut se rendre compte, avec lhabitude de son état et le contrôler. Il existe également un phénomène daccoutumance qui permet de repousser ses limites (aspect compétition extrêmement dangereux), accoutumance amoindrie par une longue inactivité de plongée.
La narcose atteint le système nerveux central (cerveau) et provoque les symptômes suivants : sentiment deuphorie ou danxiété, accentuation du dialogue intérieur, difficulté de lire et interpréter les instruments de plongée et les signes, comportement anormal, perte de connaissance.
La conduite à tenir est de remonter de 10 à 20 m dès lapparition des symptômes sans attendre quils saggravent et stopper la plongée sil ny a pas damélioration complète ; ne surtout pas redescendre.
Etre très vigilant à lapplication de la procédure de remontée.
La prévention est de ne pas effectuer de plongée profonde en dehors de la pleine possession de ses moyens, ne pas plonger seul et pratiquer lauto-surveillance, connaître ses limites et ne les dépasser que progressivement et avec quelquun daguerri.
Limite pratique de plongée : 40 m.
Accidents dûs au gaz carbonique (CO2)
Gaz résultant de lutilisation de loxygène par lorganisme, bien quétant un déchet devant être évacué, il a le rôle important de provoquer le réflexe respiratoire lorsque sa pression partielle augmente dans le sang. Laugmentation anormale de la PPCO2 est appelée hypercapnie.
LHYPERCAPNIE (essoufflement).
Cet effet apparaît lorsque le CO2 nest plus évacué normalement par la respiration. Laugmentation de la PPCO2 peut être dûe à un air vicié dans la bouteille, à un détendeur mal réglé (trop dur), à laugmentation de lespace mort (tuba), à un effort excessif, au froid, à lanxiété etc.
Cela provoque un essoufflement qui est le début du cycle infernal du besoin croissant dair et dun rythme respiratoire rapide et inefficace incapable dévacuer le trop plein de CO2.
Dautre part, lessoufflement favorise la narcose, les accidents de décompression, et la surpression pulmonaire. Il se traduit par les symptômes suivants :
La conduite à tenir est à lapparition des symptômes :
Cela nest possible seul que sur un tout petit essoufflement sinon lassistance par un camarade est rendue nécessaire par la perte de contrôle rapide de soi.
Il est impératif pour lintervenant de respecter la procédure de remontée, et de remonter lentement pour éliminer les risques de surpression pulmonaire.
Sur le bateau, en cas de maux de tête persistants, bien se ventiler (oxygène normobar au besoin), éviter le soleil, se couvrir une fois déséquipé, faire lobjet dune surveillance.
La prévention passe par un air correct dans les bouteilles celles ci bien ouvertes, un détendeur bien réglé, une réserve baissée en temps voulu, une combinaison chaude et un tuba pas trop long. Ne pas plonger seul, un lestage correct, pas deffort intensif, une bonne condition physique et technique et éviter une immersion avec un essoufflement de surface.
CONCLUSION :
Comme toujours, il vaut mieux prévenir que guérir. Intervenir sur un accident de plongée à 30 ou 40 m nest pas une partie de plaisir et est extrêmement difficile à réaliser proprement tout en maîtrisant les paramètres de plongée ainsi que soi même.
Il est nécessaire de sentraîner à réagir devant toutes les situations, car on nest jamais à labri de limpondérable, mais il est intelligent dagir avec conscience de ce que lon fait et de prendre ses précautions.
Méditez sur les peurs que vous vous êtes certainement faites et noubliez pas que la plongée est un loisir qui ne mérite pas que lon y sacrifie sa santé.
Bref, soyez "cool" et bonnes plongées !!!.
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