LES ACCIDENTS BIOPHYSIQUES
 
(OU DE DECOMPRESSION)

Préliminaires

Les accidents biophysiques dits "de décompression" résultent de l’application de la loi de Henry. Cela se produit lorsque, au cours d’une remontée, la pression ambiante devient très inférieure à la tension dans les tissus et que l’état de sursaturation critique est atteint puis dépassé (voir cours loi de Henry). Le gaz responsable est l’azote car il est inutilisé par l’organisme. Toutes les parties du corps sont susceptibles d’être touchée par ce phénomène, tout dépend du tissus dans lequel le dégazage se produit.

Mécanismes

Durant la remontée, l’azote dissous pendant la plongée reprend sa forme gazeuse sous forme de micro-bulles évacuées par la respiration au fur et à mesure de leur apparition. Si l’une de ces bulles atteint un diamètre suffisant pour boucher un vaisseau sanguin, la circulation est bloquée localement (embolie gazeuse) et la zone non irriguée nécrose (meurt) petit à petit. En plus du blocage de la circulation, il se produit un agrégat plaquettaire, en amont de la bulle d’azote, qui finit par créer un bouchon. Les bulles peuvent également se développer hors du système sanguin et provoquer des gênes fonctionnelles, paralysies et fortes douleurs. Un dégazage excessif entraîne, outre les phénomènes précités, des perturbations biologiques. Les bulles agissent de façon mécanique en abrasant la face interne des vaisseaux sanguins, elles entraînent également une augmentation du nombre de plaquettes. Les micro-blessures, les plaquettes en supplément, l’activation des facteurs coagulants, concourent à un épaississement du sang (appelé Sludge qui signifie boue). Cela a pour conséquence une circulation difficile par diminution de la masse sanguine ainsi qu'une aggravation de l’hypoxie cellulaire. Ces phénomènes portent le nom de Maladie de la Décompression par opposition au terme d’accident de décompression qui n’évoque pas les conséquences à longue échéance.

Fig. 1 : Localisation des accidents de décompression

Symptômes

 

Accidents Cutanés (puces et moutons)

Il s’agit d’accident bénin mais susceptible d’annoncer un accident plus grave. Les puces et les moutons sont le résultat d’un dégazage sous-cutané plus ou moins important. A surveiller de près.

Les puces donnent une sensation de démangeaison très importante et la peau ressemble, au toucher, à de la "peau d’orange". Les montons présentent des gonflements, boursouflures et marbrures rouges.

Accident Musculaire & Ostéo-articulaire (bends)

Il s’agit des bends (maladie des caissons). Ils sont dus au dégazage dans les muscles, les os, les surfaces articulaires et dans les articulations. Cela provoque des douleurs dont l’intensité peut être insupportable, une gêne fonctionnelle sans paralysie, des lésions dans les tissus touchés.

Accident Neurologique

Il s’agit d’un dégazage dans un centre nerveux (cerveaux ou moelle épinière) qui provoque, par gravité croissante : fatigue anormale, pâleur, angoisse, douleur violente au niveau des omoplates et lombaires, fourmillements dans les membres, impossibilité d’uriner, perte des sens (vue, ouïe, parole), paralysies (monoplégie, hémiplégie, tétraplégie, paraplégie), syncope et mort.

Accident Cardiaque et Pulmonaire

Il s’agit d’un infarctus du myocarde par dégazage dans l’artère coronaire et d’une insuffisance respiratoire par dégazage dans l’artère pulmonaire.

Sans intervention immédiate, cela provoque la mort.

Accident de l’oreille interne

Il s’agit d’un dégazage dans le limaçon ou les canaux semi-circulaires.

Cela provoque une surdité plus ou moins intense, des vertiges, des nausées.

Attention à la confusion avec un barotraumatisme de l’oreille.

Décompression explosive

Cela concerne plutôt les scaphandriers professionnels mais cela peut arriver lors d’une remontée ultra rapide (perte de contrôle de la bouée) ou d’une chute brutale de pression dans un caisson de recompression.

Il se produit une défaillance cardiaque et une surpression pulmonaire ainsi qu’un dégazage généralisé.

Cet accident est malheureusement sans appel.

CONDUITE A TENIR

PREVENTION

Respecter scrupuleusement les paramètres des tables ou ordinateurs de plongée. La vitesse de remontée doit être freinée à l’approche du premier palier et le passage de l’un à l’autre puis à la surface doit se faire très lentement. Ventiler largement et essayer d’être statique au palier, si possible faites les au bout ou au parachute en maintenant la profondeur instruments au niveau des poumons.

Ne jamais changer de table entre deux plongées consécutives ou successives.

Si les aléas de la plongée vous amène à faire des efforts anormaux (courant, travaux sous marin)s vous pouvez prendre les paramètres de table immédiatement supérieurs (de temps seulement).

 

Ex : pour une plongée de 20 mn à 30 m faire les paliers pour 25 mn à 30 m

Si vous n’avez pas de tables (Ordinateur + oubli des tables) majorez le palier de 3 mètres et seulement celui-ci de 1 à 3 mn.

Si vous faite souvent des efforts anormaux en plongée, utilisez de préférence une table de travail comme les COMEX-PRO.

Après la plongée ; ne pas faire d'efforts importants, ne pas faire d’apnée, ne pas monter en altitude (avion, montagne)

Ne jamais plonger si l’on se sent fatigué ou si l’on n’en a pas envie.

 

CONCLUSION

Comme pour les accidents barotromatiques, l’issue est souvent heureuse pour les puces et les bends. Malheureusement, les accidents graves de décompression finissent souvent dans une chaise roulante.

Donc, prudence dans les procédures de remontée, rester calme en toutes circonstances et s'efforcer de maîtriser la plongée avant, pendant et après.

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